GUIDE DE RISQUE · PRÉSERVATION DU CAPITAL

Risque par trade : bien utiliser la règle des 1 %

La règle des 1 % est une convention budgétaire : avant l’entrée, la perte planifiée est limitée à 1 % d’une base de compte définie. Ce n’est ni une garantie, ni un seuil réglementaire, ni la preuve qu’un trade est pertinent. Correctement appliquée, elle relie equity, distance du stop, coûts d’exécution et risque portefeuille à une taille capable d’absorber des séries de pertes ordinaires.

1. Définir ce que signifie réellement un risque de 1 %

Sur un compte de 25 000 USD, 1 % représente une perte planifiée de 250 USD. Ce montant est le budget au stop, slippage estimé et frais aller-retour inclus. Ce n’est ni la valeur notionnelle, ni le capital immobilisé, ni la marge initiale, ni une perte maximale garantie. Une position à fort levier peut avoir un notionnel élevé pour 250 USD de risque planifié, tandis qu’un gap peut encore produire une perte supérieure.

Budget de risque planifiébudget de risque = base de compte choisie × pourcentage de risque

2. Choisir une base de compte cohérente

L’equity actuelle constitue souvent la base opérationnelle la plus prudente, car elle intègre résultats réalisés et P&L ouvert. Le solde initial peut surestimer le budget après un drawdown. La taille nominale d’un compte de prop firm est encore plus trompeuse lorsque la marge réelle avant disqualification n’en représente qu’une fraction.

Bases possibles et limite principale
BaseUtilitéPoint de vigilance
Equity actuelleTaille adaptée après gains et pertesVarie avec le P&L ouvert
Equity de début de séanceBudget intraday stableDoit respecter les limites en temps réel
Capital de référence fixePlans et backtests stablesPeut devenir trop élevé après drawdown
Marge de perte restanteProp firm ou drawdown fermeTrès inférieure au compte nominal
Budget effectif sous contraintesbudget effectif = min(budget en %, drawdown restant, perte journalière restante, risque portefeuille disponible)

3. Transformer le budget en taille de position

Le pourcentage détermine les dollars qui peuvent être perdus ; le stop et la spécification du produit déterminent la quantité. Positionnez le stop sur l’invalidation avant de calculer la taille. Sinon, l’envie d’obtenir une quantité donnée peut pousser à resserrer artificiellement le stop et à modifier le trade.

Risque par unitérisque unitaire = |entrée − stop| × valeur monétaire du point + slippage défavorable + frais aller-retour
Quantité exécutabletaille = plancher(budget effectif ÷ risque unitaire, selon l’incrément autorisé)

Avec un budget de 250 USD et 93,20 USD de perte par MNQ, le résultat brut est 2,68 contrats et le résultat exécutable est deux. Arrondir à trois risquerait 279,60 USD. Pour un CFD, arrondissez au pas de lot du broker ; pour des actions, à l’incrément entier ou fractionnaire permis.

4. Exemple : 1 % est un plafond, pas une cible

Hypothèses de l’exemple
DonnéeValeurCalcul
Equity actuelle18 500 USDBase du budget
Pourcentage1 %185 USD planifiés
Entrée / stop5 250 / 5 232Distance de 18 points
Valeur du point5 USD90 USD bruts par contrat
Slippage + frais6,25 USD96,25 USD de risque unitaire
Quantitéplancher(185 ÷ 96,25) = 1 contrat

La perte planifiée devient 96,25 USD, soit environ 0,52 % de l’equity. Deux contrats risqueraient 192,50 USD et dépasseraient 1 %. Les 88,75 USD inutilisés ne constituent pas une erreur : la granularité des contrats rend souvent le risque réel inférieur au plafond.

5. Mesurer l’effet d’une série de pertes

Lorsque le même pourcentage est appliqué à l’equity courante, le budget en dollars diminue après chaque perte. Hors dépassement du stop, l’equity après n pertes pleines vaut equity initiale × (1 − taux de risque)ⁿ. Ce calcul ne prédit pas la probabilité de la série ; il mesure son drawdown mécanique.

Drawdown composé après pertes consécutivesdrawdown = 1 − (1 − pourcentage de risque)ⁿ
Drawdown théorique après pertes au budget complet
Risque par trade5 pertes10 pertes20 pertes
0,50 %2,48 %4,89 %9,54 %
1,00 %4,90 %9,56 %18,21 %
2,00 %9,61 %18,29 %33,24 %

6. Ajouter risque ouvert, corrélé et journalier

Un plafond par trade ne suffit pas. Une position longue NQ, des actions de semi-conducteurs et un CFD sur indice technologique peuvent dépendre du même facteur baissier. Si chacune risque 1 %, présenter le portefeuille comme limité à 1 % est faux.

  • Additionnez le risque restant au stop de toutes les positions ouvertes.
  • Regroupez les expositions par marché, secteur, devise ou événement commun.
  • Fixez des plafonds distincts pour risque ouvert, corrélé et perte de séance.
  • Ajoutez les coûts du nouveau trade et un scénario de gap plausible au stress test.
  • Réduisez ou refusez le trade si la contrainte la plus serrée manque de marge.

7. Calibrer le pourcentage à partir des preuves

La bonne question n’est pas de savoir si 1 % paraît prudent. Estimez séries de pertes historiques, slippage réalisé, positions simultanées et drawdown tolérable, puis testez des scénarios plus sévères que l’historique. Un échantillon limité ne révèle pas le pire cas futur : conservez une marge de sécurité.

  1. Définir les drawdowns de compte et journalier tolérables en pratique.
  2. Mesurer pertes moyennes et extrêmes réalisées en unités R, coûts inclus.
  3. Stresser des séries et pertes corrélées plus longues que celles observées.
  4. Choisir un pourcentage restant sous toutes les limites dans ces scénarios.
  5. Ne réévaluer qu’après assez de trades ou un changement matériel de stratégie ou de règle.

8. Checklist avant l’ordre

  • Base du compte et pourcentage définis avant l’apparition du setup.
  • Stop fondé sur l’invalidation et aligné sur un incrément de prix valide.
  • Spread, slippage et frais aller-retour inclus.
  • Quantité arrondie vers le bas à l’incrément négociable.
  • Risque ouvert, corrélé, journalier et drawdown encore disponibles.
  • Type d’ordre et risque de gap compris ; le budget n’est jamais présenté comme une perte maximale garantie.

Questions sur la règle de risque des 1 %

Risquer 1 % signifie-t-il acheter avec 1 % du compte ?

Non. Cela signifie planifier une perte proche ou inférieure à 1 % de la base choisie au stop. Notionnel, capital engagé et marge peuvent être très différents.

Un pour cent est-il le pourcentage le plus sûr ?

Non. C’est une convention arbitraire. Les preuves de la stratégie, les séries de pertes, la granularité, les corrélations et les limites de drawdown déterminent s’il est trop élevé ou inutilement faible.

Faut-il calculer sur le solde ou l’equity ?

L’equity actuelle réagit mieux aux gains et pertes en cours. Quelle que soit la base, définissez-la de manière constante et plafonnez-la par la marge journalière et le drawdown restants.

Le stop garantit-il une perte maximale de 1 % ?

Non. Le déclenchement ne garantit pas le prix d’exécution. Volatilité, gaps et liquidité causent du slippage ; un stop-limit peut ne pas être exécuté.

Que faire si le plus petit contrat dépasse 1 % ?

La taille calculée vaut zéro. Utilisez un produit réellement plus petit s’il convient, augmentez le capital ou renoncez au trade. Ne déplacez pas un stop valide pour forcer un contrat.

Sources primaires et date de vérification

Les paramètres de risque, conditions de marché et règles d’exécution peuvent évoluer. Vérifiez les spécifications du produit et du courtier avant tout ordre.

  1. The 2% RuleCME Group

    Définit le risque en pourcentage, le relie au stop et précise le caractère arbitraire du seuil.

  2. Risk Management and Your Trade PlanCME Group

    Couvre risque par trade, perte journalière maximale, levier et exposition globale.

  3. Position and Risk ManagementCME Group

    Distingue choix du contrat, nombre, stop et marge du broker.

  4. Stop Orders: Factors to Consider During Volatile MarketsFINRA

    Documente l’incertitude du prix des stops et le risque de non-exécution des stop-limit.